Le terme pashmina désigne à la fois une fibre textile et un châle. La fibre textile est obtenue à partir du duvet duveteux des chèvres cachemire de l’Himalaya, appelées capra hircus. Ce duvet est récolté au printemps, lors de la mue des chèvres, par peignage ou par épilation. Il est ensuite trié, lavé, cardé, filé, et tissé pour en faire des châles. Le châle est une grande pièce de tissu rectangulaire, qui se porte autour du cou ou sur les épaules. Il peut être uni ou à motifs, et il peut être orné de franges ou de broderies.
Le pashmina se décline aujourd’hui sous plusieurs formes. Le châle, d’abord, grande pièce portée sur les épaules. L’étole ensuite, plus étroite et plus longue, souvent choisie comme accessoire de soirée ou de cérémonie. L’écharpe enfin, format plus compact que l’on enroule autour du cou. Le mot « pashmina » est devenu par extension synonyme de châle à franges fines, quel que soit le format.
Surnommé « l’or en fibre » en raison de sa rareté, le pashmina est considéré comme le summum du cachemire. Il faut entre 10 et 15 chèvres pour produire une seule étole, chaque animal ne fournissant que 100 à 300 grammes de duvet par an. Les fibres de pashmina mesurent seulement 14 à 15 microns de diamètre, contre 50 à 75 microns pour un cheveu humain, le pashmina est donc trois à cinq fois plus fin qu’un cheveu.
L’histoire du Pashmina
L’histoire du pashmina remonte à l’Antiquité. Des fragments de tissus en pashmina ont été retrouvés dans des artefacts datant de la civilisation de la vallée de l’Indus, il y a plus de 4000 ans. Le pashmina était également connu des Perses, des Grecs, et des Romains, qui l’appelaient laine de Serica, du nom d’une région située à l’est de l’Asie centrale. Le pashmina a connu son apogée au Moyen Âge, sous le règne des empereurs moghols en Inde.
Ces derniers portaient des châles en pashmina comme signe de noblesse et de prestige, et les offraient comme cadeaux diplomatiques ou honorifiques. Le pashmina a ensuite été introduit en Europe au XVIIIe siècle, grâce aux explorateurs et aux commerçants qui rapportaient ces étoles rares et précieuses de leurs voyages en Orient.
En France, c’est Jean-Baptiste Decretot, fils d’un fabricant de draps à Louviers, qui a contribué à introduire le cachemire au XIXe siècle. Le baron Guillaume Louis Ternaux a ensuite popularisé les célèbres « châles de Ternaux » en cachemire. À partir de 1830, l’industrie du cachemire s’est développée dans le nord de l’Angleterre avant de gagner les États-Unis, l’Italie et le Japon.
Le pashmina a connu un regain de popularité spectaculaire à la fin des années 1990, lorsque des stars hollywoodiennes comme Nicole Kidman et Angelina Jolie ont été photographiées portant des châles en pashmina. Cette médiatisation a lancé la mode du pashmina d’abord aux États-Unis puis en Europe. Le pashmina est aujourd’hui un symbole d’élégance et de raffinement qui séduit les femmes du monde entier.
Quelle est la définition de Pashmina ?
Le mot pashmina vient du persan pashmînâ, qui signifie lainage ou étoffe de laine. Ce mot dérive lui-même de pashm, qui signifie laine. En népalais, « pashmina » signifie tout simplement « cachemire ». Cependant, au Cachemire, région située entre l’Inde et le Pakistan, pashm désigne spécifiquement le duvet brut des chèvres cachemire. Le pashmina est donc la fibre la plus fine et la plus noble du cachemire.
Le diamètre d’un brin de pashmina varie entre 12 et 16 microns, contre 12 à 19 microns pour le cachemire en général. On dit souvent que « tout pashmina est cachemire mais tout cachemire n’est pas pashmina ».
Point essentiel : le terme « pashmina » n’est pas une appellation reconnue en Europe, contrairement au mot « cachemire » qui est réglementé par la nomenclature des douanes. Cela signifie qu’une étole étiquetée « 100 % pashmina » peut en réalité être fabriquée en viscose, en laine ou en acrylique. C’est la source de la grande confusion qui entoure ce terme et la raison pour laquelle il faut être vigilant lors de l’achat.
Quelle est l’origine du Pashmina ?
Le pashmina provient principalement du Ladakh, une région montagneuse située au nord de l’Inde, à la frontière avec le Tibet. C’est là que vivent les chèvres cachemire, à plus de 3 000 mètres d’altitude, adaptées aux conditions climatiques extrêmes de l’Himalaya. En hiver, ces chèvres développent un sous-poil duveteux, appelé pashm, qui les protège du froid. Au printemps, ce sous-poil tombe naturellement ou est récolté par les éleveurs nomades, qui le vendent aux artisans du Cachemire.
Au Népal, ces chèvres sauvages sont appelées localement « Changrya ». Les montagnards népalais récupéraient autrefois des touffes de poils dans les buissons et sur les rochers des pentes himalayennes, là où les animaux s’en débarrassaient lors de leur mue. Ce duvet précieux, une fois collecté, était redescendu dans la plaine où il prenait le nom de pashmina.
Les artisans du Cachemire transforment le pashm en pashmina en le filant et en le tissant à la main. Le pashmina est également produit en Mongolie, en Chine, au Népal et en Afghanistan, mais en quantités plus limitées.
La production mondiale de cachemire en chiffres
Contrairement à une idée reçue, ce n’est pas l’Inde mais la Chine qui est le plus grand producteur mondial de cachemire, avec plus de 95 % de la production mondiale (environ 10 000 tonnes par an). La Mongolie intérieure produit environ 2 700 tonnes. Le Pakistan, l’Iran, l’Afghanistan et la Turquie ne contribuent que de façon marginale. L’Inde, en revanche, est le principal transformateur : c’est au Cachemire indien que le duvet brut est filé, tissé et brodé selon un savoir-faire ancestral transmis par les artisans de génération en génération.
Quelle est la composition d’un pashmina ?
Un pashmina peut être composé de différentes matières, selon le degré de pureté et de qualité du produit. Il existe trois grandes catégories de pashmina :
• Le pashmina 100% cachemire : c’est le pashmina le plus authentique et le plus luxueux. Il est entièrement fabriqué à partir du duvet des chèvres cachemire de l’Himalaya, sans aucun mélange d’autres fibres. Il est très doux, très chaud, et très léger. Il a un aspect mat et un toucher soyeux. Il est souvent uni ou à motifs discrets.
• Le pashmina soie : c’est un pashmina qui mélange du cachemire et de la soie, généralement à parts égales. Il est plus brillant, plus souple, et plus résistant que le pashmina 100% cachemire. Il a un aspect satiné et un toucher lisse. Il peut être uni ou à motifs variés.
• Le pashmina synthétique : c’est un pashmina qui imite le cachemire avec des fibres artificielles, comme la viscose, l’acrylique, ou le polyester. Il est moins cher, moins chaud, et moins doux que le pashmina naturel. Il a un aspect froid et un toucher rêche. Il peut être uni ou à motifs fantaisistes. On le trouve fréquemment sous l’appellation trompeuse « 100 % pashmina » sur internet et dans les marchés touristiques le nom « pattû » désigne ces imitations en Inde.
Les différents niveaux de douceur du pashmina
Tous les pashminas ne se valent pas. Pour obtenir un pashmina exceptionnellement doux, il faut utiliser les fibres les plus fines (15,5 microns ou moins) et les plus longues (plus de 50 mm). Les pashminas composés exclusivement du plus fin cachemire atteignent une douceur incomparable ce sont les pièces les plus rares, celles qui peuvent dépasser 300 € en boutique. Les versions mélangées cachemire-soie (70/30) perdent très peu en moelleux tout en gagnant un aspect soyeux et un tissage plus fin. Le résultat reste exceptionnel dans les deux cas.
Existe-t-il une certification du pashmina ?
Il n’existe pas de certification officielle du pashmina au niveau international. Le terme pashmina n’a pas de valeur légale et peut être utilisé pour désigner n’importe quel châle en cachemire ou en fibre synthétique. En revanche, il existe des labels qui garantissent la qualité et l’origine du cachemire utilisé pour fabriquer les pashminas. Par exemple :
• Le label Woolmark : c’est un label qui certifie que le produit contient au moins 85% de fibres de laine vierge, dont au moins 15% de fibres de cachemire. Il garantit aussi que le produit respecte des normes de qualité strictes en termes de résistance, d’élasticité, et de finesse.
• Le label PGI (Protected Geographical Indication) : c’est un label qui certifie que le produit provient d’une zone géographique déterminée et qu’il possède des caractéristiques liées à son origine. Il existe par exemple un label PGI pour le cachemire mongol, qui garantit que le produit est fabriqué à partir du duvet des chèvres cachemire élevées en Mongolie.
• Le label GI (Geographical Indication) : c’est un label qui certifie que le produit possède une qualité ou une réputation liée à son origine géographique. Il existe par exemple un label GI pour le châle du Cachemire, qui garantit que le produit est fabriqué selon les méthodes traditionnelles de tissage et de broderie du Cachemire.
Quelles sont les caractéristiques du Pashmina ?
Le pashmina est une étoffe fabriquée à partir de la laine du cachemire, une race de chèvre originaire de la région du Cachemire, située entre l’Inde, le Pakistan et la Chine. Le pashmina se caractérise par sa finesse, sa douceur, sa chaleur et son élégance. Il peut être teinté de différentes couleurs ou laissé naturel. Le pashmina est souvent orné de motifs floraux ou géométriques, brodés à la main ou au jacquard.
Les couleurs traditionnelles du pashmina sont les tons naturels : beige, ivoire, brun et gris. Mais les artisans proposent désormais une palette bien plus large grâce aux teintures végétales et aux pigments modernes : rouge, rose, turquoise, bleu nuit, bordeaux, vert émeraude. Pour un premier achat, les tons neutres (beige, gris, noir) restent les plus faciles à assortir avec toutes les tenues.
Le Pashmina est-ce pour un homme où une femme ?
Le pashmina peut se porter aussi bien par les hommes que par les femmes, selon les occasions et les styles. Il peut servir de châle, d’écharpe, de foulard ou de couverture. Il peut être noué de différentes façons autour du cou, des épaules ou de la taille. Le Pashmina apporte une touche d’élégance et de raffinement à toute tenue, qu’elle soit formelle ou décontractée.
Comment porter un pashmina ?
Le pashmina se porte de multiples façons selon l’occasion et le format choisi.
En étole : drapé sur les épaules, c’est le porté le plus classique pour une soirée, un mariage ou une cérémonie. L’étole en pashmina apporte une touche d’élégance à une robe ou un tailleur tout en protégeant du froid.
En écharpe : enroulé autour du cou avec un ou deux tours, le pashmina remplace avantageusement une écharpe classique. Sa finesse permet de le nouer sans créer de volume excessif.
En foulard : plié en triangle et posé sur les épaules ou autour du cou, il donne un style décontracté et chic. Les pashminas à motifs se prêtent particulièrement bien à ce porté.
Le pashmina pour homme se porte principalement en écharpe, dans des teintes sobres (gris, marine, noir, camel). Les modèles fins sont les plus adaptés au porté masculin.
Quel est le tissage du pashmina ?
Le tissage du pashmina est un art ancestral qui se transmet de génération en génération dans les familles d’artisans du Cachemire. Il nécessite un savoir-faire et une patience exceptionnels, car il se fait entièrement à la main, sur des métiers à tisser traditionnels en bois. Le fil de pashmina est très fin et délicat, il faut donc le manipuler avec précaution et habileté. Le tissage du pashmina peut prendre plusieurs semaines ou mois, selon la taille et la complexité du motif.
Les châles les plus fins sont appelés « Ring Pashmina » : ils sont si légers et si délicats qu’ils peuvent passer à travers une bague. Ce test artisanal témoigne de l’extrême finesse du tissage. Les franges du pashmina sont également un signe de qualité : sur un vrai pashmina, chaque frange est nouée à la main, ce qui représente un travail considérable.
La broderie du pashmina est une autre spécialité des artisans du Cachemire. Les motifs sont d’abord estampés à l’aide de blocs en bois de noyer finement sculptés, trempés dans une encre spéciale. Le châle est ensuite confié aux brodeurs qui réalisent les motifs à la main, au fil de satin multicolore. Ce savoir-faire se transmet au sein des familles depuis des générations, même si cette tradition se raréfie aujourd’hui.
Combien coûte un pashmina ?
La qualité d’un pashmina dépend de plusieurs facteurs, tels que la provenance et la pureté de la laine, le type et la densité du tissage, la qualité et la finesse des motifs, etc. Plus un pashmina est fin, doux, chaud et léger, plus il est considéré comme de qualité supérieure. Le prix d’un pashmina varie également en fonction de ces critères, ainsi que de la rareté et de la demande du produit. Un pashmina de qualité peut coûter entre 100 et 1000 euros.
Pour donner un repère concret : un vrai pashmina en 100 % cachemire se négocie rarement en dessous de 150 €. Les versions cachemire-soie (70/30) se situent généralement entre 100 et 250 €. Les pashminas brodés à la main par les artisans du Cachemire peuvent dépasser 500 € pour les pièces les plus travaillées. En comparaison, les étoles de « style pashmina » fabriquées en Inde (en laine ou coton) se trouvent entre 50 et 75 €, tandis que les versions industrielles chinoises (en viscose ou acrylique) sont vendues entre 15 et 40 €.
Comment reconnaître un vrai pashmina
Il n’est pas toujours facile de reconnaître un vrai pashmina d’une contrefaçon ou d’une imitation. Voici quelques astuces pour vous aider à faire la différence :
• Vérifiez l’étiquette : un vrai pashmina doit être composé à 100% de laine de cachemire ou au moins à 70%, le reste étant de la soie. Attention : une étiquette « 100 % pashmina » n’a aucune valeur légale et peut désigner n’importe quelle matière. Cherchez plutôt la mention « 100 % cachemire ».
• Touchez le tissu : un vrai pashmina doit être très doux au toucher, sans être rêche ni pelucheux.
• Regardez le tissage : un vrai pashmina doit être tissé à la main, avec des mailles régulières et serrées.
• Faites le test du feu : prenez un petit fil du pashmina et brûlez-le avec une allumette. S’il sent le brûlé et qu’il se transforme en cendre, c’est un vrai pashmina. S’il fond ou qu’il dégage une odeur synthétique, c’est un faux.
• Faites le test de l’anneau : passez le pashmina dans un anneau. S’il glisse facilement sans se froisser ni s’accrocher, c’est un vrai pashmina. S’il reste coincé ou qu’il forme des plis, c’est un faux.
Le prix reste le meilleur indicateur. Un pashmina vendu moins de 150 € ne peut pas être un vrai 100 % cachemire, le coût de la matière première (10 à 15 chèvres pour une seule étole), du lavage, du tri, de la teinture et du tissage artisanal rend ce tarif impossible. En Inde, des vendeurs proposent des étoles soi-disant en pashmina accompagnées de tests à la flamme, mais ces pièces sont le plus souvent en laine locale ou en mélange. L’Inde n’est pas producteur de vrai pashmina : le pays produit en revanche des étoles de type pashmina, tissées à la main, de bonne qualité et aux motifs jacquard traditionnels.
Comment entretenir son pashmina ?
Un vrai pashmina est un investissement qui peut durer toute une vie à condition d’en prendre soin.
Lavage : privilégiez le lavage à la main dans de l’eau froide ou tiède avec un shampoing doux ou un savon spécial cachemire. Ne tordez jamais le pashmina pour l’essorer pressez-le doucement dans une serviette éponge pour absorber l’excès d’eau.
Séchage : étalez le pashmina à plat sur une serviette propre, à l’ombre et loin de toute source de chaleur. Ne le suspendez pas sur un cintre, cela déformerait les fibres.
Rangement : pliez le pashmina (jamais sur un cintre) et rangez-le dans un tissu en coton ou du papier de soie. Ajoutez un sachet de lavande ou de cèdre pour éloigner les mites, les fibres naturelles de cachemire sont particulièrement vulnérables.
Boulochage : un léger boulochage est normal sur un vrai pashmina en cachemire. Retirez les bouloches à la main ou avec un peigne à cachemire, jamais avec un rasoir électrique qui abîmerait la fibre.
Le pashmina est une étoffe de luxe, fabriquée à partir de la laine la plus fine et la plus douce du monde. Il est le fruit d’un savoir-faire ancestral qui se perpétue dans les ateliers du Cachemire. Le pashmina se décline en une multitude de couleurs, de motifs et de styles pour s’adapter aux goûts et aux besoins de chacun.
Le pashmina fait un cadeau idéal pour les occasions importantes : anniversaire, fête des mères, Noël ou mariage. Pour une cérémonie, l’étole en pashmina est l’accessoire de choix pour accompagner une robe de mariée ou une tenue d’invitée — elle apporte chaleur et raffinement sans alourdir la silhouette.
Pour choisir un pashmina de qualité, il faut être attentif à sa composition, à son tissage, à sa finesse et à son authenticité. Un vrai pashmina est un investissement durable qui se transmet de génération en génération. C’est plus qu’une simple étoffe, c’est une œuvre d’art qui exprime la beauté et la diversité de la culture du Cachemire.